#Female Pleasure, « Brisons le silence, soyons invincibles. »

Avec un titre pareil, qui résonne si bien avec la mission que s’est donnée « les eLLes des femmes », l’équipe parisienne s’est empressée d’aller voir le film de la réalisatrice Barbara Miller.

Ce film, c’est le portrait de cinq femmes, dans cinq pays, qui se soulèvent contre les violences et discriminations qui se sont imposées à elles et dont elles se sont affranchies. Elles ont décidé, chacune à leur manière, de faire de ce combat pour le respect de la sexualité des femmes leur combat.

Leila, somalienne d’origine, est installée à Londres. Excisée à l’enfance, elle condamne avec une détermination et une douleur sans fin ces mutilations sexuelles dont plus de 200 millions de femmes sont victimes (estimations de l’OMS). Une agression sexuelle, que nous ignorons totalement et qui existe également en Europe où un demi-million de femmes ont subi ces mutilations génitales. Chaque année, près de 180 000 filles sont à risque et en Angleterre, ou ces statistiques sont disponibles, on recense 1300 cas par an. 

Douleur sans fin pour Leila qui doit, jour après jour, revivre sa peine afin d’éduquer les nouvelles et anciennes générations pour condamner un crime contre l’humanité… Pourquoi doit-on justifier le mal qui est fait quand on mutile nos enfants ? Au nom des traditions, au nom de cette haine démesurée des sociétés face au plaisir possible de la femme, un plaisir qui, il faut le croire, fait peur, et qu’il faudrait éradiquer au couteau !

Rokudenashiko, une artiste japonaise déjantée, nous fait sourire et rire à chacune de ses apparitions sur l’écran. C’est une aliène. Elle vit et respire l’égalité, comme si elle l’avait déjà expérimentée. À travers cette héroïne de manga et de la vraie vie, nous nous rendons compte que nous n’avons jamais vraiment vécu l’Égalité, tout en s’émerveillant face à son audace dans cette société où modernisme et traditions vivent encore en opposition.

Devant son incompréhension quant à l’hypocrisie qui entoure le sexe de la femme, elle décide d’utiliser sa vulve comme première source d’inspiration, dont elle créera un moulage qui lui permettra de littéralement naviguer les flots d’une condamnation aussi absurde qu’elle est inutile et au risque de nous répéter, HYPOCRITE.
Elle sera incarcérée et jugée pour « outrage à la décence ». L’artiste nous emmène avec elle dans les rues de Tokyo, où les femmes sont représentées comme des êtres sexuels, tout droit sorties de l’imaginaire des hommes, prêtes à être prises, dociles et un peu crétines. Les sexshops japonais regorgent de moules de pénis, célébrant cet organe du plaisir masculin aux cotés de membranes abracadabrantesques censées représenter le vagin mais qui, à l’instar de Rokudenashiko, semblent provenir d’une autre planète.

Deborah, élevée au sein de la communauté juive hassidique de New York, mariée à 17 ans de force à un inconnu (ce que Leila dénonce comme de la pédophilie légale), voit naître son premier enfant dans une communauté qui ne lui accorde aucun droit d’exister. Elle décide de fuir et sera la première femme hassidique à obtenir le droit de garde exclusif de son fils, en dehors de toute emprise de la communauté car elle ose dénoncer les pratiques archaïques encore en place au beau milieu de sa ville natale, qu’elle se sentira forcée de quitter.

En Inde, Vithika, agressée sexuellement plusieurs fois par des inconnus, décide de créer « Love matter », une plateforme dédiée à l’amour, le consentement, l’égalité des sexes face au plaisir. Elle aussi travaille avec des hommes et des femmes de cette nouvelle génération qui ressentent un besoin de changement.

La timide Doris, allemande ayant rejoint les ordres religieux, évoque les viols dont elle a été victime dans sa communauté où elle pensait être protégée du monde extérieur. Comble de la trahison, l’agresseur est un prêtre qui n’a jamais été suspendu ou inquiété, malgré les nombreuses dénonciations de Doris auprès de tous les degrés de la hiérarchie chrétienne.

En  suivant les événements révoltants auxquels ces femmes ont été confrontées, il est désespérant de constater que, quelle que soit leur religion, chrétienne, juive, musulmane… chacune de ces religions est d’un sexisme absolu lorsqu’elle est mise en œuvre dans sa forme la plus traditionnelle.

Malgré tout, nous suivons ces femmes si ordinaires de par leur existence, devenir extraordinaires face aux choix de vie qu’elles ont entrepris. Toutes ont été humiliées, rabaissées, ramenée à moins qu’humaines. Toutes ont été privées de leurs libertés, de leurs droits et la société, celle de certains hommes, a légalement et ouvertement envahi leur intégrité physique et psychique. Pour certaines, le mutisme a été le premier refuge, à cause d’un insidieux sentiment de culpabilité contre lequel elles ne pouvaient pas lutter, de l’image dégradante d’elles-mêmes qu’on leur a imposée.

Mais elles ont parlé. Elles ont osé être libres et dénoncer ces communautés basées sur l’oppression des femmes. On découvre leur force qui semble sans limite et qui ravive notre foi en l’Humanité.

Grâce à ces femmes, on se dit que la reconstruction est possible et qu’unE autre monde est en pleine essor. D’ailleurs elles l’ont créé pour elle-même. Alors pourquoi ne pas y ajouter notre pierre. Tout.e.s ensembles ?!

Une question reste cependant en suspens …

« Que s’est-il passé, il y a des milliards d’années pour qu’ils s’attaquent à nos corps, nous contrôlent, nous mutilent, nous frappent ? … » – (Leila, dans l’introduction du film)

Cinq héroïnes, cinq pays, même combat : s’affranchir des préjugés, combattre les violences faites aux femmes, conquérir le droit à disposer de son propre corps. Brisons le silence, soyons invincibles, revendiquons #Female Pleasure ! (Le plaisir féminin !)

A voir dans vos salles parisiennes, et ailleurs.

Féministement vôtre,

Abderrahman, Sarah et Céline pour les eLLes

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