Les thérapies de conversion : un monde où tout le monde est né hétéro.

Par Céline Vauléon

Les thérapies de conversion ou de réorientation sexuelle sont un ensemble de traitements utilisés dans le but de tenter de changer l’orientation sexuelle d’une personne homosexuelle ou de changer une personne trans en personne « cis-genre ». ( Terme à apprendre en 2020 folks : une personne Cis est une personne qui ne changera par de genre ou/et de sexe, à la différence des personnes trans qui appartiennent à un genre qui ne correspond pas à leur genre de naissance.)

Il va de soi que ces pratiques nient l’existence des identités et sexualités autre que le classique « Homme-Femme hétérosexuel.le. »

Ces thérapies sont également le reflet des idées encore très répandues que l’homosexualité est une « maladie ». Retirés il y a moins de 40 ans en France des maladies psychiques, l’homosexualité et la transidentité sont des réalités, et non des conditions curables.

C’est incroyable mais c’est bien vrai : l’Organisation Mondiale de la Santé ne retire l’homosexualité qu’en 1992 de sa « Classification des maladies mentales. »

Fort heureusement, l’Organisation des Nations Unies (ONU) s’est prononcée en 2015 contre les thérapies de conversion, reconnues comme des « traitements indignes auxquels sont soumises les personnes LGBTQI. » ( News.un.org, 1 juin 2015).

Pourtant peu de pays ont interdit ces thérapies: seuls le Brésil (1999), les îles Samoa (2007), l’Argentine (2010), les îles Fidji (2010), certains états Etasuniens et Canadiens, l’Equateur et la Chine (2014). Elles sont légales en France et seulement interdites aux mineur.es en Allemagne.

Aux USA, où ces pratiques sont légales dans 41 états, on pense à ces centres souvent affiliés à des communautés religieuses. Les jeunes gens « prétendument » gays sont envoyés pour apprendre à être des bon.nes petit.es hétéros.

 » But I am a Cheerleader », film satirique Etasunien sur un « camp » pour devenir hétéro ak une thérapie de conversion.

Il existe des pratiques de ce genre dans de nombreux pays du monde. Que ce soient des prières ou des rituels à effectuer, un changement d’alimentation ou des sévices physiques ( punitions corporels, électrocution …) il est évident que ces pratiques sont des atteintes graves aux droits des femmes et de la communauté LGBTQ+.

Extrêmement préjudiciables pour les individus, ces « soins » mettent dans la tête et dans le cœur des queers l’idée que leur sexualité et leur identité sont un « mal » et qu’elles nécessitent un « soin ». Ces conversions créent un préjudice moral évident aux victimes de ces charlatans homophobes et transphones, quand elles ne sont pas également victimes de violences physiques et sexuelles.

Pour une mise en réalité, en juin 2019, on estime qu’environ 700 000 d’adultes LGBTGI ont subi des thérapies de conversion aux USA. ( Étude de l’Institut Williams : https://williamsinstitute.law.ucla.edu/wp-content/uploads/Conversion-Therapy-Update-Jun-2019.pdf)

Si vous avez subi des thérapies de conversion, racontez-nous votre histoire. La réalité est que, sous couvert d’une aide qui peut venir d’un membre aimé de la famille, ces pratiques sont une expression de l’homophobie et de la transphobie.

Il nous faudrait plutôt des thérapies pour soigner les praticiens de ces soins contraires aux droits fondamentaux et pour les âmes détruites par ces pratiques inhumaines.

Si vous avez été témoin ou que vous avez subi une thérapie de conversion, écrivez-nous : ellesdesfemmes@gmail.com

 » Parlons des inégalités pour changer les mentalités »

Féministement vôtre, 🥰

L’équipe des eLLes ⚖️🙏🏿💪🏼😍